Alors que toute l’Europe du foot s’extasie devant le retour au sommet du FC Bacelone, vante les qualités de cette équipe qui a battu le record de points à mi-saison en championnat d’Espagne, nous voulions faire un zoom particulier non pas sur les super stars reconnues qui garnissent le front de l’attaque si redoutable de cette équipe (dont nous avons d’ailleurs déjà abondamment parlé) mais plutôt sur une vraie curiosité de cette équipe: le défenseur droit Daniel Alves.
Le trident offensif Messi-Etoo-Henry a marqué plus de buts que la plupart des équipes de la Liga mais ce qui frappe lorqu’on voit les machs du Barca c’est l’incroyable activité offensive du côté droit et en particulier celle d’Alves, véritable pile électrique qui enchaine sans sourciller les sprints offensifs et défensifs, qui délivre des passes de 40m dans les pieds, qui dribble comme un attaquant confirmé et qui s’entend comme larron en foire avec le lutin Messi.
La carrière de footballeur de ce joueur brésilien a débuté en 2001 lorsqu’il a débuté en professionnel à Bahia. Vite repéré par les scouts européens, il ne restera qu’une année avant d’être transféré à Séville pour 500 000€. C’est dans ce club qu’il va “apprendre” le foot européen et qu’il va progresser doucement avant de devenir un pilier du club andalou pour lequel il va lui-même porter le brassard de capitaine. En parallèle il va connaitre les joies de ses premières sélections avec la canarinha dont le point d’orgue aura été sa participation à la victoire finale en copa america en 2007 face à l’ennemi juré argentin.
Même si son début de parcours peut paraitre idyllique, certains accros sont venus émaillersa trajectoire. Tout d’abord en 2007, après une saison plus que réussie avec Séville qui en avait fait un des meilleurs arrières droits du monde, il a été tenté par les sirènes anglaises de Chelsea qui en avait fait un de ses objectifs prioritaires. La tête un peu ébranlée par les offres irréelles des Blues, Alves alla jusqu’à boycotter des entrainements avec Seville pour demander son transfert. Le club ne céda pas et le joueur dut revenir dans la discipline collective mais le ressort avait été en partie cassé en particulier avec les supporters qui voyaient d’un mauvais oeil ce coup de sang. Mais le talent reprend toujours le dessus et à force d’être décisif, tout lui fut pardonné et son influence essentielle lui a permis de reprendre une position très importante dans une équipe qui se révélait au fil des saisons comme la bonne surprise récurrente en Espagne.


Pour éviter un scénario similaire en 2008, le club et son joueur se sont parlés en amont pour un éventuel transfert et l’intérêt du Barça. Tout cela a permis de concrétiser dans la sérénité son départ vers le Barça d’autant plus que les catalans avaient décidé de se donner les moyens en payant pour son transfert quasiment 36 millions d’euros…(2è plus gros transfert barcelonais après Overmars). Devant un tel investissement, on pouvait s’interroger pour savoir si les catalans n’avaient pas complètement craqué en demandant une telle somme et les socios l’entendaient de la même façon.

En attendant il suffit de voir aujourd’hui les ovations qui lui sont faites pour comprendre qu’il a été vite adopté (les victoires aidant) et qu’il est un élément essentiel de ce nouveau Barca façon guardiolesque. Le nouveau coach a sûrement pris la mesure du talent du joueur qui va bien au delà de la fonction classique de l’arrière latéral. Daniel Alves est capable de prendre le couloir droit à lui tout seul et de le balayer inlassablement d’avant en arrière pour faire des appels en profondeur, revenir couvrir sa charnière centrale et proposer systématiquement une solution. A l’opposé d’un Abidal à connotation très défensive et à niveau de technique assez limité, Alves est un vrai technicien repositionné défensif. Il a tout pour lui: vitesse, technique et qualité de centre. Thierry Henry peut en témoigner dans cet exemple de centre de l’extérieur du pied avec en plus la touche ronaldinesque de passe aveugle.

L’entente entre le brésilien et Messi l’argentin est terrible: dédoublements systématiques, une-deux, redoublements de passes: les 2 lutins semblent s’entendre à merveille et prennent un vrai plaisir à évoluer ensemble de l’avant.
Reste à voir maintenant si le niveau exceptionnel qu’il affiche depuis le début de la saison va durer. Les équipes adverses ont bien remarqué l’influence du côté droit sur le jeu du Barca et vont avoir tendance à blinder de plus en plus ce côté. Voire même à envoyer des attaquants plonger systématiquement dans le dos d’Alves pour l’obliger à défendre et essayer de limiter son impact offensif…
Dani Alves semble avoir atteint le sommet de son art, il le prouve à Barcelone et en Europe, reste maintenant à avoir la reconnaissance suprême de tout brésilien: celle de son peuple. Et aujourd’hui la concurrence est rude avec l’intériste Maicon qui semble avoir les préférences du sélectionneur Dunga.


Abondance de biens peut parfois nuire: le caractère bien trempé de Dani Alves peut-il s’accommoder dans un rôle de substitut de luxe? Va-t-il pouvoir saisir sa chance de démontrer les mêmes qualités dans une équipe qui joue assez différemment du 4-3-3 barcelonais.
Vivement que l’on puisse en juger!